
Dans une optique de limiter l’apparition d’îlots urbains, les toits blancs gagnent en popularité et font parler d’eux dans les médias. Louangé par certains et remis en question par d’autres, le toit blanc suscite de nombreux débats concernant ses avantages réels. Voici donc un bilan des informations rapportées par les deux principaux acteurs impliqués dans ce domaine.
Les toits blancs
Les toits blancs vus par l’Association des maîtres couvreurs du Québec (AMCQ)
Selon l’AMCQ, il n’existerait pas de lien entre la présence de toits blancs et la diminution des îlots de chaleur. Ils auraient même la désagréable conséquence d’entraîner une hausse des coûts de chauffage. L’explication derrière cette affirmation est liée au fait que dans un climat froid comme celui du Québec, un toit blanc obligerait à chauffer plus tôt en automne ainsi que plus tard au printemps.
Si pour certains la motivation derrière l’installation d’un toit blanc est de profiter d’un bon rendement écoénergétique, voilà donc qui peut être décevant. Aux dires de l’AMCQ, mettre la priorité sur l’isolation du grenier serait une bien meilleure idée, car c’est à partir de celui-ci que 30% de la chaleur est perdue.
Parmi les autres désavantages, le revêtement de toiture blanc se salirait davantage au fil du temps jusqu’à prendre une teinte grise. De ce fait, il perdrait de 30% à 60% de son indice de réflectance solaire. Dans un article publié sur le site de la CORPIQ, Michel Paré, directeur du développement à l’AMCQ souligne que « l’on parle d’une capacité à réfléchir les rayons du soleil qui s’étend sur cinq ans, au maximum. Après ça, on constate les mêmes résultats de réflexibilité qu’avec un toit gris ».
Voilà donc un bémol concernant la potentialité du toit blanc à limiter l’accumulation de chaleur. Suivant ce propos, l’AMCQ tend également à tempérer la mauvaise réputation des toits en asphalte recouverts de gravier par rapport à la formation des îlots de chaleur. En effet, leur masse thermique serait insuffisante pour générer de la chaleur plus d’une heure suite au coucher du soleil.

Photo : Flickr Walmart
Pourquoi pas un nettoyage du toit blanc?
La réflexion qui s’amène logiquement est de penser au nettoyage des revêtements. Le problème est qu’il peut s’agir d’une entreprise risquée pour la plupart des matériaux habituellement employés dans la fabrication des toits blancs. En effet, l’élastomère a tendance à perdre des granules sur sa surface lors du nettoyage et s’abîmera donc nécessairement en cours de chemin. De plus, il est nécessaire de payer un supplément pour l'obtention d'une membrane d'un blanc pur.
Bien qu’ils soient plus facilement lavables, les revêtements blancs en PVC ou thermoplastique perdront également leur blancheur au fil des ans. Leur nettoyage nécessitant l’expertise d’un professionnel, il s’agira d’une dépense supplémentaire. Les coûts peuvent en effet être considérables, pouvant aussi avoir des répercussions néfastes sur l’environnement.
Écohabitation et sa vision sur les toits blancs

De son côté, Écohabitation est plutôt d'accord avec l’AMCQ concernant les frais de chauffage plus imposants durant l’automne, mais admet tout de même qu’un toit blanc permet le maintien d’une température plus confortable durant l’été ainsi qu'une réduction des frais de climatisation.
Également, l’organisation confirme que les membranes utilisées pour la fabrication des toits blancs sont beaucoup moins épaisses que les toitures d’asphalte, ce qui limite leur impact d’un point de vue environnemental.
Abondant dans le même sens que l’AMCQ sur les conséquences du salissage des revêtements blancs, Emmanuel Cosgrove, le directeur de l’organisme, soutient aussi que les membranes blanches se saliront après deux ans à tel point que leur réflectance solaire en sera grandement affectée.
Si les toits blancs vous intéressent malgré les points divergents soulevés dans cet article, n'hésitez pas à en parler avec un entrepreneur spécialisé. Ce dernier aura l'expérience et les connaissances nécessaires pour vous présenter d'autres perspectives à ce sujet.
Vous cherchez plus d’information sur les toitures? Consultez notre Guide de rénovation de toiture.
Photo de couverture : Flickr
Karine Dutemple
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